Jeudi 4 juin 2026, Paris.
Il y a des soirées où l’on entre dans une salle pour écouter un concert, et où l’on en ressort en ayant assisté à quelque chose de plus grand. Le 4 juin, au Grand Auditorium de l’Institut du Monde Arabe, près de 400 personnes ont vécu cette soirée-là.

Une salle pleine, une promesse tenue
Un an après le premier concert des lauréats, PAX MUSICA revenait à l’IMA pour dévoiler sa promotion 2026-2027 : une quinzaine de musiciens professionnels ayant trouvé refuge en France, sélectionnés parmi plus de 100 candidatures venues de 33 nationalités. Syrie, Algérie, Iran, Ukraine, Mauritanie, Cuba — sur la scène de l’auditorium, les frontières du monde se sont retrouvées réunies dans une même partition.


Le relais
Avant que la nouvelle promotion ne monte sur scène, deux voix de la promotion précédente ont ouvert la soirée : Diana Stohnushenko, pianiste ukrainienne de 18 ans, et Jules Chahine, clarinettiste syrien de 29 ans. Tour à tour, dans leurs langues et en français, ils ont raconté ce qu’avait été leur année avec PAX MUSICA.

Diana a évoqué son mentorat avec le pianiste Nikita Mndoyants — non pas seulement l’avoir entendu jouer, mais avoir vu comment se construit, concrètement, une carrière de concertiste. Elle a parlé aussi des rencontres scolaires : « Parler de l’Ukraine, de l’exil, au travers de la musique, c’est mon terrain. J’ai senti que ma parole comptait autant que mes notes. » Cette année, la promotion 2025-2026 a rencontré près de 900 jeunes.

Jules a raconté son mentorat avec Raphaël Sévère, les scènes partagées, et tout ce que PAX MUSICA lui a permis d’apprendre du métier — organiser un enregistrement, construire un réseau. « J’ai compris qu’on n’avance pas vraiment seul dans ce métier. » Il a rappelé que leur promotion, dix musiciens de neuf nationalités, s’était produite devant plus de 6 000 personnes : au Studio Bastille, au Palais de la Porte Dorée, à la Villa Médicis, et ici même à l’IMA.

Puis Diana a passé le relais : « Ce soir, nous passons le relais. La promotion 2026-2027, c’est 19 musiciens, de 8 nationalités, sélectionnés parmi plus de cent candidats. Ce sont eux qui jouent ce soir, aux côtés de leurs mentors. »
Le silence et la voix
Le concert s’est ouvert sur une lecture d’Akira Mizubayashi. L’écrivain japonais d’expression française, Grand Prix de la francophonie 2025 et sélectionné au Goncourt 2024 pour Suite inoubliable, a posé le cadre de la soirée avec quelques pages choisies, où la musique devient refuge et résistance. Dans la salle, le silence s’est imposé de lui-même.

© Guilhem Grosso / PAX MUSICA
Trois temps, un même fil
Le programme, conçu comme un voyage en trois mouvements, a tenu toutes ses promesses.

Les racines. Le setâr de Sajad Kiani a dialogué avec l’alto baroque de Sophie de Bardonnèche. Le chant chaoui d’IWAL a rencontré la flûte de Sandra Goncalves. Les sœurs Kostenko, nées à Kharkiv, ont fait surgir Piazzolla sous leurs doigts à quatre mains. Et lorsque Uliana Bondarets, Eva Zavaro et Dana Ciocarlie ont attaqué les pièces de Chostakovitch, on a senti dans la salle que cette musique-là résonnait différemment, jouée par celles et ceux qui ont connu l’exil.

© Guilhem Grosso / PAX MUSICA


La rencontre. Le cœur du concert a été celui de la transmission en direct. Le mawâl d’Abo Gabi a épousé le piano de Camille El Bacha, sous l’œil des percussions de Keyvan Chemirani. Tetiana Kravchenko et Oleksandr Zhehalov ont fait dialoguer leurs clarinette et piano avec celle de leur mentor Raphaël Sévère sur le Konzertstück de Mendelssohn. Et la voix d’Ébène, chantant en français et en wolof, a porté loin dans l’auditorium une énergie afro-soul rare sur ce genre de scène.


L’envol. Le KolossSaxQuatuor — quatre saxophonistes ukrainiens formés à Lyon — a refermé la soirée dans une explosion de virtuosité, sur la Pequeña Czarda d’Iturralde. Le public, debout, a salué une troupe entière : lauréats, mentors, et la promesse qu’ils incarnent ensemble.

© Guilhem Grosso / PAX MUSICA


Le dessin comme troisième langage
Tout au long de la soirée, les illustrateurs Léo Alcaraz et Constantin Zamfiresco ont dessiné en direct sur le côté de la scène, traduisant en fresques éphémères ce que les notes ne disent pas. Ce concert dessiné, fruit d’un travail mené en résidence artistique tout au long de l’année, a offert au public un troisième regard sur la soirée — entre le son et l’image, l’émotion trouvait un espace supplémentaire pour se déployer.

© Guilhem Grosso / PAX MUSICA











Après le concert, le lien continue
La soirée s’est prolongée par un cocktail proposé par La Table du Recho, traiteur humaniste et entreprise d’insertion qui accompagne des personnes réfugiées aux métiers de la restauration — un clin d’œil discret mais cohérent avec les valeurs de l’académie. Partenaires, mécènes et équipe de l’Institut du Monde Arabe ont pu prolonger la soirée autour des artistes, dans l’Espace Hypostyle.

© Guilhem Grosso / PAX MUSICA





Ce que cette soirée raconte
PAX MUSICA est née en novembre 2024 d’une conviction simple : l’exil interrompt des carrières, pas le talent. Le 4 juin, cette conviction a pris la forme d’une salle pleine, d’un programme exigeant, et de dix-neuf parcours qui continuent de s’écrire — en France, avec leurs mentors, sur les plus belles scènes du pays.

© Guilhem Grosso / PAX MUSICA
La promotion 2026-2027 est officiellement lancée. La suite s’écrira au fil des résidences artistiques, des rencontres scolaires, et des prochains concerts.
Remerciements
PAX MUSICA remercie chaleureusement l’Institut du Monde Arabe pour son accueil, ainsi que les Fondations BNP Paribas et Orange pour leur soutien, sans lequel cette soirée n’aurait pas été possible.






PAX MUSICA est une association loi 1901, aconfessionnelle et non partisane, soutenue par les Fondations BNP Paribas et Orange. Pour soutenir l’académie : www.paxmusica.fr
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